Assouan,
terminus des croisières fluviales sur le Nil, est la ville la plus méridionale
d'Egypte. Située sur la première cataracte, elle a toujours constitué
une frontière entre le monde civilisé et connu et le monde mystérieux
qui s'enfonce dans les profondeurs de l'Afrique, à travers les royaumes
de Kouch et de Méroé.

Dès
1952, sous la présidence de Nasser, le gouvernement égyptien lança
le projet d'un nouveau barrage, le Sadd el-Ali ou Grand Barrage, situé
à 7 km en amont d'Assouan.
La construction fut financée, pour une bonne part, par l'Union Soviétique
qui envoya également plus de quatre cents techniciens et ingénieurs.
Le reste du budget nécessaire à cet ouvrage pharaonique provient
des bénéfices engendrés par la nationalisation du canal
de Suez.
La
construction, longue de 3600 mètres, d'une hauteur de 111 mètres
et d'une largeur de 980 mètres à sa base pour 40 mètres
à son sommet, mobilisa 30.000 travailleurs. Les travaux débutèrent
en 1960, l'inauguration par Sadate et Khrouchtchev eut lieu en 1971 mais le
barrage n'entra en pleine production qu'en 1975.